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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 17:10

Collection Borderline 16,00 €

ETT / Éditions Territoires Témoins

                                                   

 

1

 

 

 

En ce samedi après-midi d’avril, sous le soleil et un ciel bleu,

la petite ville de Bricourt en Meurthe-et-Moselle, inaugurait son

premier salon du livre. Simon Bielik, écrivain et journaliste pour

le compte d’un hebdomadaire parisien, couvrait l’événement.

Des livres partout, de toutes formes et couleurs, et derrière les

livres, les auteurs, en attente de ventes à dédicacer, nerveux, fébriles,

et pour certains, désabusés. Et la foule des futurs lecteurs

acheteurs ou simplement promeneurs, joyeuse et bavarde. Le

marché du livre, avec ses camelots, ses bouffons et autres funambules.

Approchez, messieurs-dames, approchez, nous vendons du

rêve, de l’aventure aux quatre vents, de l’amour en toutes saisons,

de la peur et de la rage de dents, approchez, regardez ! Simon se

promenait nonchalamment le long des stands, s’arrêtait, discutait

un peu. Son patron avait été clair, il voulait seulement un article

de fond sur cet écrivain franco-brésilien qui s’était toqué de prendre

résidence au fin fond de la campagne, dans un endroit que

personne ne connaissait. Rien d’autre. Assis sur une chaise contre

un mur, un vieux musicien jouait d’un accordéon triste. Simon

regarda sa montre. Son rendez-vous était dans une heure, dans le

salon de l’hôtel de ville. Une interview exclusive avec Roland De

Campos, l’écrivain dont tout le monde parlait et que personne

ne connaissait.

 

 

 

 

Le soir même, dans le petit appartement d’Amelia, place de la

Carrière, à Nancy.

- Et qu’est-ce que tu as fait, pendant une heure ?

- Je suis allé dans un petit bistrot boire un café et finir le livre

de De Campos, il me restait une vingtaine de pages.

- Comment est-il ?

- Tu parles du livre ou de l’auteur ?

- Les deux.

- Pour le livre, je dirais, étrange. D’abord le titre, « Quand le

diable s’amuse ».

- Si on a le diable, on a Dieu !

- Dans ce cas, ni l’un ni l’autre.

Amelia leva un sourcil interrogateur.

- Pour moi aussi, ce titre… commença Simon. Mais écoute ce

que j’en dis, « Une écriture heurtée, puissante, une intrigue entre

thriller et fantastique, sans ordre apparent, de quoi dérouter le

lecteur ». Je lui ai demandé si ce désordre était voulu. Il a pris son

temps avant de me répondre. L’idée centrale du livre, selon lui,

c’est le chaos. Rien n’a encore été dit ou fait qui ne soit déjà remis

en cause. La loi n’a pas encore été écrite, n’existent que les soubresauts

d’un monde en gestation. C’est un livre noir, violent, cruel.

A l’image de son pays. Pour De Campos, la misère est violence, la

richesse est violence et la nature, ô combien ! Mais du chaos naîtront

l’ordre et l’harmonie. En fait, j’ai beaucoup aimé ce livre.

- C’est la conclusion de ton article ?

- Tout à fait.

- Et le bonhomme, à quoi ressemble-t-il ?

- Grand, mince, cheveux noirs, yeux verts, une quarantaine

d’années. Normand par sa mère, brésilien du côté paternel. Habite

la plupart du temps à Recife. Je crois savoir qu’il a gardé

quelques attaches familiales du côté de Rouen…

- Qu’est-ce qu’un écrivain comme lui fait dans ce salon ?

- Ça m’a étonné, moi aussi. La réponse est : invitation personnelle

de la part du maire, Serge Galland. De Campos et lui se

connaissent depuis longtemps. L’épouse de Galland est d’origine

brésilienne, ses parents sont de Recife, des juristes si je me souviens

bien. Tu vois le topo. Vacances brésiliennes pour la famille

Galland, invitations, rencontres… Quand Galland a eu l’idée de

ce salon, il a tout de suite pensé à son ami Roland.

- Et ça lui plaît, la campagne lorraine ?

- Il vient d’arriver. Il recherche le calme et la tranquillité pour

se mettre à l’écriture d’un nouveau roman.

Simon leva son verre, un whisky pur malt.

- Santé ! Et toi au théâtre, ça s’est bien passé ?

- Salle comble. Dix rappels !

Amelia est comédienne. Vendredi soir c’était la dernière représentation

de la saison au théâtre de Reims, des « Serments Indiscrets

», de Marivaux. Amelia jouait Lisette. Superbe ! De l’avis de

Simon et de beaucoup d’autres.

- Pas de nouveaux contrats ?

- Pas pour l’instant. à partir de maintenant, aujourd’hui, ce

soir, je suis en vacances. Où irons-nous ?

- Demain, à ce petit salon du livre !

- Et ensuite ?

- N’importe où, le monde est vaste et il est à nous !

 

Mortels desseins de Serge Radochévitch

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Published by lireledebut - dans Littérature
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